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  • Photo du rédacteurStéphanie Côté Mongrain

Catherine Privé, l’art du leadership partagé

Chez Alia conseil, une firme de développement organisationnel et formation qui œuvre depuis plus de 25 ans, la tradition veut qu’on se donne un animal totem entre collègues. Lorsque Catherine Privé raconte son parcours, son totem de lionne perspicace apparaît alors comme une évidence. Le sourire aux lèvres, elle dit sans détour : « Je ne pense pas être une bonne employée. ». Plusieurs traits de caractère guident Catherine dans ce qu’elle déclare être un style de vie plus qu’un métier, sa vocation d’entrepreneur. Dès le début du dialogue avec la présidente et chef de la direction de Alia Conseil, on distingue son amour pour l’aventure humaine. C’est une femme engagée dans sa communauté, dans son travail et auprès de ses proches. Sans hésitation, elle protège et fait l’éloge de ses collègues tout autant que de ses clients.


Les origines d’une lionne perspicace


On comprend rapidement la raison de son sobriquet félin. Au fur et à mesure de la conversation, sa passion envahit son auditeur, sa parole sert de bougie d’allumage à un échange d’idées et un remue-méninge énergisant. C’est une forme de leadership naturel qui nous envoûte. D’ailleurs, Catherine affirme que son plus grand talent consiste à créer l’étincelle pour le développement ou les projets.

Dès son enfance, son énergie hors norme et sa force de caractère transparaissent dans sa faculté innée à mobiliser les gens autour d’un projet commun. À son adolescence, ses parents doivent la convaincre de modérer ses activités au lieu de lui « pousser dans le dos ». Catherine se montre toujours disponible et intéressée. Sa source de motivation s’avère simple et puissante, la rencontre avec l’humain.



« Se maintenir à jour et passionnée »


Psychosociologue de formation, Catherine ne cesse jamais de se perfectionner. Déjà, l’un des piliers de sa pratique entrepreneuriale se manifeste durant son parcours académique : « se maintenir à jour ». Elle complète une maîtrise en administration publique de l’ENAP, spécialisée dans l’analyse et le développement des organisations.

Auparavant, à la fin de ses études de premier cycle, le taux de chômage se situe au-dessus de la barre du 10 %. Une quantité considérable de personnes fraîchement diplômées se retrouvent sans emploi après leur diplomation. Durant sa jeune vingtaine, Catherine décide donc « de ne pas attendre un emploi, mais de créer le mien ». Dans le domaine de la consultation en entreprise, on traverse une période, où « les cheveux gris sont malheureusement associés à la compétence ». Avec sa fougue caractéristique, Catherine s’évertue à combattre les préjugés. Elle cofonde Alia Conseil à l’âge de seulement vingt-trois ans.

La vie solitaire du travailleur autonome ne lui parle pas. Elle préfère avoir une équipe à ses côtés. L’entrepreneure en elle désire profiter au maximum d’un « laboratoire humain ». Elle souhaite apprendre de ses « relations avec d’autres professionnels ». C’est son appel de « l’aventure humaine » qui la rattrape. À cette époque, elle ne sait pas encore la signification d’une vie d’entrepreneur. Elle avoue seulement avoir compris plus tard que « c’était un mode de vie orienté autour de l’entreprise ».


Pendant les années suivantes, en femme de parole, Catherine va se dévouer à « implanter ce que je prône auprès de mes clients dans notre propre entreprise ». « Il faut prêcher par l’exemple. » revient constamment dans les interventions de Catherine. C’est un principe fort chez elle : « appliquer ses théories sur le terrain en premier lieu ».


« La passion attise la passion »


Pour arriver à ses fins, cultiver sa réserve d’énergie au quotidien se trouve au centre des préoccupations de Catherine. À cet effet, l’un de ses conseils clés : « s’entourer de personnes avec qui l’on possède des affinités et qui nous inspirent ». La passion provoque la passion. Pour avoir l’énergie requise, rien ne vaut celle d’une compagnie mutuellement profitable. La personnalité flamboyante de Catherine attire, mais lui apporte aussi un avantage insoupçonné : elle détecte les incompatibilités en un clin d’œil. « Quand j’aime pas, j’aime pas. Quand j’aime, j’aime. », lance non sans humour une Catherine au regard amusé. Si Catherine aime, tout est du domaine du possible. L’audace lui plaît. Sa recherche incessante d’innovation n’est pas étrangère à sa vision moderne de l’apprentissage. Intuitivement, elle aime à faire avancer les pratiques et interventions en lien avec des initiatives faites en collaboration avec quelques chaires universitaires. L’entrepreneure émérite embauche de la main-d’œuvre (tête d’œuvre) spécialisée, encourage le voyage et met un point d’honneur à tirer son inspiration des plus récentes avancées dans son champ d’expertise. Catherine affiche une grande ouverture vis-à-vis des aspirations et des réflexions de son personnel.


Le leadership, ça se partage


Chez Alia Conseil, « il n’y a pas de patronne » confie Catherine avec un ton rempli d’assurance. Elle préconise le « leadership partagé ». « Ici, les employés ont les mains sur le volant avec de super résultats ! » s’exclame l’entrepreneure à succès.


À ce propos, Catherine met l’accent sur la valorisation du talent et de la motivation interne de ses employés. Elle cherche à s’entourer de « gens plus forts qu’elle ». L’équipe d’ALIA se compose par exemple de spécialistes, de professionnels expérimentés et de jeunes doctorantes en psychologie du travail. Les employés administratifs et du service d’édition sont tout aussi dédiés et engagés.


Catherine s’efforce de mettre en place les conditions pour que son personnel performe. Elle offre « toute la place pour le déploiement de leurs ailes ». Cette adepte du leadership partagé veut développer « une culture de collaboration, loin d’une certaine culture hiérarchique ». En ne perdant pas de vue la performance et les résultats concrets, Catherine bâtit « un environnement participatif et inclusif ». À son avis, cela charme la main-d’œuvre et cause une plus grande rétention de ses meilleurs éléments. Elle répète qu’il « faut donner la chance aux gens, car ils sont intelligents ».


« Il n’y a pas de processus défini pour performer. Les employés peuvent inventer et jouer avec les codes si les résultats sont au rendez-vous. », résume Catherine.

Avant d’engager quelqu’un, Catherine s’assure de la concordance entre les valeurs chères au candidat et celles de l’entreprise. La cofondatrice de Alia Conseil s’assure que la culture de l’entreprise soit comprise par ses futures recrues. À ce sujet, conformément à sa politique, son équipe s’implique de près dans le recrutement. Il doit y avoir « une adéquation en termes de compétences et de valeurs ». Sa méthode la plus efficace : tester un pigiste et l’embaucher par la suite en cas « d’alignement sur les mêmes valeurs ». Il va sans dire que Catherine vérifie que le candidat peut fonctionner « en leadership partagé ». Néanmoins, le talent reste le critère de départ. Catherine et son équipe se rendent donc souvent en deuxième ou troisième entrevues afin de bien jauger des aptitudes d’un candidat.


Les bénéfices d’une entreprise d’intrapreneurs


Contrairement à certaines idées reçues dans le monde entrepreneurial, Catherine ne craint pas les intrapreneurs. Bien au contraire, les intrapreneurs font la force de son équipe. Alia Conseil possède un écosystème original. On y retrouve une pléthore d’intrapreneurs à l’intérieur de l’entreprise à travers plus d’une trentaine de consultants et d’employés en soutien aux consultants pour la réalisation de leurs mandats. Catherine explique ce trait distinctif de la façon suivante : sa passion pour l’entrepreneuriat est tellement grande qu’elle la fait vivre à l’intérieur même de son entreprise comme mode de vie. Catherine adore encourager les initiatives d’équipe et privilégie la responsabilisation à la microgestion. Son meilleur atout pour sa croissance et le profil de l’entreprise : « chez nous, les gens peuvent aller chercher des mandats qu’ils aiment sur des sujets qui les passionnent. » Quand on considère que « 60 % du chiffre d’affaires entre par les employés » cette manière de procéder, engendre une variété de bénéfices en plus de l’épanouissement de chacun.


Les objectifs mesurables, un barème incontournable du succès

Laisser de la liberté et un espace de créativité à ses employés ne signifie pas un manque d’encadrement. A contrario, c’est dans la définition de ses objectifs qu’un bon leader accompagne ses employés. Catherine soutient l’importance « d’avoir des objectifs mesurables ». Les objectifs de vente et facturable sont définis annuellement et suivis mensuellement. Son équipe en fait un suivi rigoureux. Pour la leader aguerrie, « se donner des objectifs est crucial pour réussir ». Cela s’applique à tous, pas seulement au leader. En effet, selon Catherine, « il faut être capable de garder une culture familiale et d’ouverture ou de proximité, mais surtout en emmenant les gens dans la performance ». « Être fier de faire partie d’une équipe performante, pas juste bienveillante » se présente comme un facteur essentiel de réussite. Pour Catherine, il est bon de s’informer « les uns des autres, mais il faut également se rappeler qu’on est en business ». Sa pensée tient dans cette formule de son cru, une phrase simple, mais lumineuse : « Performant, mais bienveillant. »


Être proche de son équipe


Quand on questionne les employés de Alia Conseil au sujet de leur sentiment d’appartenance, ils rétorquent presque infailliblement « se sentir en famille ». La proximité est l’un des secrets derrière son équipe soudée. Catherine décrit ses mesures de renforcement positif à ce propos : elle fait « un coucou à 8 heures du matin », est impliquée dans plusieurs comités de travail avec ses consultants, puis cuisine parfois « des dîners et des soupers » pour son équipe. Lors des journées de consultants, elle invite son personnel « à la maison ». Elle entretient un lien fort, mais toujours en restant « au quart de tour avec le plaisir d’être performant ». C’est ainsi qu’elle prend le pouls de ses employés, établit un rythme et fournit des éléments de motivation.


Une vision alternative de l’authenticité du leader

Catherine le réaffirme sans cesse : « Être entrepreneur, c’est un style de vie. ». Cela implique d’être authentique. L’authenticité n’est pas un habit ni une excuse pour « faire vivre à tout le monde systématiquement ce que je ressens, l’authenticité c’est plutôt le respect de mes valeurs ». Cela veut aussi dire de « se demander avec franchise chaque année si on a du fun à faire cette job-là. ». En tant que leader, « c’est notre motivation qui inspire les gens. Ainsi, être authentique, c’est d’abord être authentique envers ses propres émotions et ses états d’âme afin de préserver son équipe de son humeur. Dans cette optique, Catherine recommande « d’être capable de reconnaître ses mauvaises émotions pour ne pas les faire subir aux autres ». De son point de vue, la gestion d’énergie est capitale. Elle nous permet d’avoir du plaisir et de le transmettre à son équipe.

L’authenticité implique aussi de parfois se retirer de certains mandats pour être aligné avec ses valeurs. Catherine cite en exemple une situation où un client a enfreint son code de valeurs. L’ironie du sort a voulu que ce soit au cours d’un mandat de longue haleine sur l’implantation d’une culture de respect et de civilité en entreprise. Sa consultante senior « a surgi en larmes dans son bureau après la réception d’un courriel non respectueux de la part du client ». En bonne lionne perspicace, fidèle à son animal totem, Catherine a opté pour la protection immédiate de son équipe. Elle a rencontré les dirigeants de l’entreprise pour se retirer de ce mandat d’environ 150 000 $. Pour elle, implanter une culture du respect commence par le respect de ses employés. Pour Catherine, l’authenticité n’a pas de prix.


Se rechoisir, un signe de succès

Catherine Privé ne manque pas d’accomplissement sur sa feuille de route en tant qu’entrepreneure à succès. Malgré tout, sa plus grande source de fierté réside dans le futur qui se présente à Alia Conseil. Le signe de sa réussite, Catherine le mesure au quotidien quand elle décide « à tous les matins de rechoisir sa business ». Elle sourit devant le succès du leadership partagé de sa précieuse équipe. Elle se réjouit de sa propension à ne pas rester dans sa zone de confort. Catherine aime l’idée de rester aussi près des défis que de son équipe. Un plaisir lumineux l’habite à l’idée de confectionner un pain aux bananes pour souligner les performances, mais avant tout l’imputabilité et l’engagement de ses collaborateurs. La notoriété grandissante de Alia Conseil lui prouve qu’elle maintient un standard d’excellence grâce à une passion constamment renouvelée.


 

Rédaction : Jean-Philippe Nadeau Marcoux



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